From Number
to Light
Du nombre à la lumière

Pluck the thread, then follow it down.Pincez le fil, puis suivez-le.

numeric-art.com began in 1998 with generative wallpapers. It returns as a museum of thirty-two living works, hung in eight rooms along a single thread, from the first number to the light.

Here mathematics is the instrument. Each work is one system that paints and composes at once: on a bronze plate, the sand gathers along the very mode you hear; fireflies fall into step, and every flash is a note; two planets whose periods meet in a simple ratio ring a pure interval. Image and music are not set side by side. They are one thing, seen and heard.

Nothing is recorded. No video, no sample: every image is computed as you watch and every note synthesised as you listen, in your browser. No visit repeats, and none can be kept.

The idea is ancient. The Pythagoreans heard harmony in the ratios of a string; Kepler sought a music of the world in the orbits of the planets. Here, what is heard can be seen.

Headphones recommended. Every work answers your touch, as the thread does.

numeric-art.com est né en 1998 avec des fonds d’écran génératifs. Il revient en musée de trente-deux pièces vivantes, accrochées dans huit salles le long d’un même fil, du premier nombre jusqu’à la lumière.

Ici, les mathématiques sont l’instrument. Chaque pièce est un seul système qui peint et compose à la fois : sur une plaque de bronze, le sable se range le long du mode même que l’on entend ; des lucioles s’accordent, et chaque éclair est une note ; deux planètes dont les périodes tombent dans un rapport simple sonnent un intervalle pur. L’image et la musique ne sont pas juxtaposées. Elles sont une seule chose, vue et entendue.

Rien n’est enregistré. Ni vidéo, ni échantillon : chaque image est calculée sous vos yeux, chaque note synthétisée à l’écoute, dans votre navigateur. Aucune visite ne se répète, aucune ne se garde.

L’idée est ancienne. Les pythagoriciens entendaient l’harmonie dans les rapports d’une corde ; Kepler cherchait une musique du monde dans les orbites des planètes. Ici, ce qui s’entend se voit.

Casque conseillé. Chaque pièce répond au toucher, comme le fil.

Room I Salle I

Number Le nombre

In the beginning, a number.

Au commencement, un nombre.

Everything here starts from a rule: a few lines of mathematics, followed exactly, open onto forms that never end.

Tout part ici d’une règle : quelques lignes de mathématiques, suivies à la lettre, ouvrent sur des formes sans fin.

One Side

Une seule face

bowed and sung synthesis, voice leading on a Möbius strip

The space of all two-note chords is a Möbius strip (Dmitri Tymoczko, 2006). Here it is a ribbon of glass: the gold loop is the cello, the silver loop the voice, and they cross at the chord you hear. After one turn the voices come back exchanged; after two, they are home.

L’espace de tous les accords de deux notes est un ruban de Möbius (Dmitri Tymoczko, 2006). Ici, un ruban de verre : la boucle d’or est le violoncelle, la boucle d’argent la voix, et elles se croisent à l’accord que l’on entend. Après un tour, les voix reviennent échangées ; après deux, elles sont chez elles.

Enter the work entrer dans la pièce

The ribbon that has one side closes into a sign that has no end. Le ruban qui n’a qu’une face se referme en un signe qui n’a pas de fin.

Without End

Sans fin

exact integer geometry, Shepard–Risset synthesis

John Wallis first wrote ∞ in 1655. Here the sign is traced inside an Apollonian gasket, where every gap between circles holds a smaller one and every curvature is a whole number. Each circle sounds at its curvature folded into octaves, so the fall inward is heard as a rise without end, over the ever-climbing canon of Bach’s Musical Offering (1747).

John Wallis écrit ∞ pour la première fois en 1655. Ici le signe est tracé dans une baderne d’Apollonius, où chaque interstice entre les cercles en contient un plus petit et où chaque courbure est un nombre entier. Chaque cercle sonne à sa courbure repliée sur l’octave : la chute vers l’intérieur s’entend comme une montée sans fin, sur le canon toujours montant de l’Offrande musicale de Bach (1747).

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From an order that never ends to an order that never repeats. D’un ordre qui ne finit jamais à un ordre qui ne se répète jamais.

Never Twice

Jamais deux fois

the Lorenz equations integrated in real time; sung and bowed voices synthesised live

Lorenz’s equations (1963): a million points trace the butterfly and a few comets sing it. Each loop is a phrase, each wing a key; every four minutes two comets set out as one, until chaos parts them.

Les équations de Lorenz (1963) : un million de points dessinent le papillon, quelques comètes le chantent. Chaque boucle est une phrase, chaque aile une tonalité ; toutes les quatre minutes, deux comètes partent ensemble, jusqu’à ce que le chaos les sépare.

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Now let the numbers ring: a bronze plate sings in whole-number modes. Que les nombres sonnent : une plaque de bronze chante en modes entiers.

Room II Salle II

Resonance La résonance

Number becomes sound.

Le nombre devient son.

Give a number a body that vibrates, and it becomes sound. In these works, what you hear and what you see are one and the same motion.

Donnez à un nombre un corps qui vibre, il devient son. Dans ces pièces, ce que l’on entend et ce que l’on voit sont un seul et même mouvement.

Lines of Silence

Lignes de silence

Plate modes, simulated sand, modal synthesis

A bronze plate is played live: the sand flees what vibrates and gathers on the lines that stay still. Every mode you hear is the one moving the grains.

Une plaque de bronze jouée en direct : le sable fuit ce qui vibre et se rassemble sur les lignes immobiles. Chaque mode que l’on entend est celui qui déplace les grains.

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The sand draws the lines where nothing moves; Euler drew the lines between notes. Le sable dessine les lignes où rien ne bouge ; Euler, celles qui relient les notes.

Euler’s Loom

Le Métier d’Euler

generative composition; violin, strings and harp synthesised live

Euler’s lattice of notes (1739) as a loom: fifths, thirds, and a triangle for every chord. A gold thread weaves through it, changing one note at each crossing — the violin sings that note. Near two minutes the loom closes into a torus and the thread visits all 24 chords.

Le réseau de notes d’Euler (1739) devenu métier à tisser : quintes, tierces, et un triangle par accord. Un fil d’or le traverse et change une note à chaque croisement — le violon chante cette note. Vers deux minutes, le métier se referme en tore et le fil parcourt les 24 accords.

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Each chord was a triangle on a map; here each interval draws its own figure. Chaque accord était un triangle sur une carte ; ici, chaque intervalle dessine sa figure.

Afterglow

Rémanence

a two-voice chorale in just intonation, drawn as its own XY oscillogram on a simulated phosphor tube

Two sung voices in just intonation: the lower moves the beam across, the upper up and down, so each interval draws its figure — the unison a circle, the octave a figure-eight, the fifth a knot. The chorale ends by closing into the circle.

Deux voix chantées en intonation juste : la grave déplace le faisceau à l’horizontale, l’aiguë à la verticale, et chaque intervalle dessine sa figure — l’unisson un cercle, l’octave un huit, la quinte un nœud. Le choral s’achève en refermant le cercle.

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One beam of light draws the sound; now one spectrum raises a whole sea. Un seul faisceau dessine le son ; maintenant, un seul spectre soulève toute une mer.

Room III Salle III

The Elements Les éléments

Sound becomes matter.

Le son devient matière.

Sound is matter in motion. Water, air, earth, fire and aether are each played by their own physics.

Le son est de la matière en mouvement. L’eau, l’air, la terre, le feu et l’éther sont joués chacun par sa propre physique.

Swell

Houle

FFT ocean from a JONSWAP spectrum, additive and bubble synthesis

A sea computed live from one wave spectrum, the curve oceanographers use to describe how wind builds waves. The same spectrum is played as a chord: as the wind rises the chord descends, thickens and breaks into surf, while the long swell is the drone that breathes. In about nine minutes a day passes, and the weather never repeats.

Une mer calculée en direct à partir d’un seul spectre de vagues, la courbe par laquelle les océanographes décrivent comment le vent lève les vagues. Ce même spectre est joué comme un accord : quand le vent forcit, l’accord descend, s’épaissit et se brise en ressac, tandis que la longue houle est le bourdon qui respire. En neuf minutes environ passe une journée, et le temps ne se répète jamais.

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The wind that raises the sea also sets the strings singing. Le vent qui lève la mer fait aussi chanter les cordes.

Air on the Strings

Air sur les cordes

lattice Boltzmann wind, vortex-driven string synthesis

An aeolian harp: six strings tuned to the same low D stand in a simulated wind. Behind each string the air peels off in alternating vortices; when their rhythm meets one of the string’s harmonics, the string locks onto it and sings. Every pitch you hear is measured from the vortices you see, so each gust moves the chord along the harmonic series.

Une harpe éolienne : six cordes accordées sur le même ré grave, dressées dans un vent simulé. Derrière chaque corde, l’air se détache en tourbillons alternés ; quand leur rythme rencontre l’une de ses harmoniques, la corde s’y accroche et chante. Chaque hauteur entendue est mesurée sur les tourbillons visibles : chaque rafale déplace l’accord dans la série des harmoniques.

Enter the work entrer dans la pièce

Strings sing in the wind; after a great earthquake, the whole Earth rings. Les cordes chantent dans le vent ; après un grand séisme, la Terre entière sonne.

The Ringing Earth

La Terre sonne

real-time normal-mode synthesis from the PREM Earth model, with a synthesised choir and strings

After a great earthquake the whole planet rings like a struck bell, for days. Each bell here is one of the Earth’s normal modes, computed from the PREM model and raised eighteen octaves; the two gravest lie almost a perfect fifth apart, an E and a B, and the choir sings in that key. Real earthquakes from the catalogue, or the one you set off, strike them.

Après un grand séisme, la planète entière sonne comme une cloche frappée, pendant des jours. Chaque cloche est ici l’un des modes propres de la Terre, calculé d’après le modèle PREM et haussé de dix-huit octaves ; les deux plus graves sont presque à la quinte juste, un mi et un si, et le chœur chante dans ce ton. Les séismes réels du catalogue, ou celui que vous déclenchez, les font sonner.

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Beneath the ringing crust, the fire that Heraclitus called ever-living. Sous l’écorce qui sonne, le feu qu’Héraclite disait toujours vivant.

Ever-Living Fire

Feu toujours vivant

combustion simulation, Planck radiation, additive synthesis

“Ever-living fire, kindling in measures and going out in measures” — Heraclitus, fragment 30. A simulated fire burns in moving air, and every point of it shines with the colour that Planck’s law gives its temperature. The same law, laid over the harmonics of one low tone some thirty-eight octaves below the light, sounds Scriabin’s mystic chord: dark and sparse in the embers, bright and full in the blaze. Each spark is heard where it is born.

« Feu toujours vivant, s’allumant avec mesure et s’éteignant avec mesure » — Héraclite, fragment 30. Un feu simulé brûle dans l’air en mouvement, et chacun de ses points brille de la couleur que la loi de Planck donne à sa température. La même loi, posée sur les harmoniques d’un seul son grave, quelque trente-huit octaves sous la lumière, fait entendre l’accord mystique de Scriabine : sombre et clairsemé dans les braises, éclatant et plein dans le brasier. Chaque étincelle s’entend là où elle naît.

Enter the work entrer dans la pièce

Above the fire, Aristotle placed a fifth element that moves only in circles. Au-dessus du feu, Aristote plaçait un cinquième élément qui ne tourne qu’en cercles.

Quintessence

La Cinquième Essence

white-light interference, additive synthesis in just intonation

Aristotle’s fifth element, the aether, moved only in perfect circles. Here lights circle in the dark and every colour is computed from interference, in Newton’s sequence of black, white, straw, purple and blue. Each light is also a voice: two slightly out of tune beat, and their fringes flow at exactly that rate; when every interval is pure, image and sound stand still.

L’éther, cinquième élément d’Aristote, ne se mouvait qu’en cercles parfaits. Ici, des lumières tournent dans l’obscurité et chaque couleur est calculée d’après l’interférence, selon la suite de Newton : noir, blanc, paille, pourpre, bleu. Chaque lumière est aussi une voix : deux voix à peine désaccordées battent, et leurs franges défilent exactement à ce rythme ; quand tous les intervalles sont justes, l’image et le son s’immobilisent.

Enter the work entrer dans la pièce

The aether never changes; two substances react, and matter draws itself. L’éther ne change pas ; deux substances réagissent, et la matière se dessine seule.

Room IV Salle IV

Emergence L’émergence

Matter comes alive.

La matière s’anime.

Let matter follow simple local rules, and patterns appear that nobody draws: order arises on its own.

Que la matière suive des règles locales simples, et des motifs apparaissent que personne ne dessine : l’ordre naît de lui-même.

Music for Two Morphogens

Musique pour deux morphogènes

Gray-Scott reaction-diffusion, additive synthesis

In 1952 Alan Turing showed that two substances which react and diffuse are enough to draw spots, stripes and labyrinths. Here they grow as living ivory on black lacquer, and a slow line of light reads them as a score.

En 1952, Alan Turing montre que deux substances qui réagissent et diffusent suffisent à dessiner taches, rayures et labyrinthes. Elles croissent ici comme un ivoire vivant sur une laque noire, et une lente ligne de lumière les lit comme une partition.

Enter the work entrer dans la pièce

Patterns arise with no one drawing them; flashes fall in step with no one leading. Des motifs naissent sans personne pour les dessiner ; des éclairs s’accordent sans chef.

A Concord of Fireflies

L’Accord des lucioles

Coupled oscillators (Kuramoto), modal synthesis

Thousands of fireflies, each an oscillator nudging its rhythm towards its neighbours’, come to flash in unison with no leader. Every flash is a note.

Des milliers de lucioles, chacune un oscillateur qui ajuste son rythme sur ses voisines, finissent par clignoter à l’unisson, sans chef. Chaque éclair est une note.

Enter the work entrer dans la pièce

The fireflies found one rhythm; now the rain keeps time on a garden pond. Les lucioles ont trouvé un rythme ; la pluie bat maintenant la mesure sur un bassin.

Room V Salle V

The Seasons Les saisons

Life keeps time.

Le vivant bat la mesure.

Each season, something falls from the sky, rain, lightning, leaves, snow, and each fall is a note. The four keys turn around the circle of fifths, so that winter leads back to spring.

À chaque saison, quelque chose tombe du ciel, la pluie, la foudre, les feuilles, la neige, et chaque chute est une note. Les quatre tonalités tournent sur le cycle des quintes, si bien que l’hiver ramène au printemps.

Spring Rain

Pluie de printemps

capillary-gravity waves, synthesised koto, shakuhachi and water koto

Every drop on the pond is one note: where it lands sets the pitch, its size the loudness, and its ring spreads as real water does. Rain-fed bamboo deer-scarers phase like Reich; a buried jar rings.

Chaque goutte sur l'étang est une note : son point de chute fixe la hauteur, sa taille l'intensité, et son onde s'étend comme sur l'eau réelle. Nourris par la pluie, les shishi-odoshi se déphasent comme chez Reich ; une jarre enfouie résonne.

Enter the work entrer dans la pièce

Spring falls as rain; summer falls as lightning, then as light. Le printemps tombe en pluie ; l’été tombe en foudre, puis en lumière.

The Bow in the Cloud

L’Arc dans la nuée

grown lightning, Airy-theory double rainbow, synthesised strings, horns, oboe, timpani, wordless choir and thunder

A summer storm, then the double rainbow opposite the low sun. Each bolt is grown live and its shape becomes its own thunder; every drop that falls through the bow sings the note of its colour.

Un orage d’été, puis le double arc-en-ciel à l’opposé du soleil bas. Chaque éclair croît en direct et sa forme devient son propre tonnerre ; chaque goutte qui traverse l’arc chante la note de sa couleur.

Enter the work entrer dans la pièce

After the rainbow, the ginkgo lets its gold fall, one note at a time. Après l’arc-en-ciel, le ginkgo laisse tomber son or, note après note.

Ginkgo

L’Arbre aux quarante écus

falling-plate dynamics, synthesised harp, celesta, strings and cello

The ginkgo is the only living species of a lineage over 200 million years old. Often after the first hard frost, it drops nearly all its gold leaves within a day or so. Here each leaf’s flight is computed from the physics of falling plates, and each leaf is a note: struck at every swing, silent when it lands.

Le ginkgo est la seule espèce vivante d’une lignée vieille de plus de 200 millions d’années. Souvent après la première forte gelée, il perd presque toutes ses feuilles d’or en un jour ou deux. Ici, le vol de chaque feuille est calculé selon la physique des plaques en chute, et chaque feuille est une note : frappée à chaque balancement, muette une fois posée.

Enter the work entrer dans la pièce

The last leaf falls, and the sky begins to write in snow. La dernière feuille tombe, et le ciel se met à écrire en neige.

Letters from the Sky

Lettres du ciel

live crystal growth (Gravner–Griffeath model), synthesised celesta, harp, glass harmonica and choir

Snow falls onto black glass, as Wilson Bentley caught flakes on a black tray from 1885, and each one grows live before your eyes. As Nakaya showed, the cold decides the form: plates near −2 °C, needles near −5 °C, stars near −15 °C. The six arms are six voices in canon.

La neige tombe sur un verre noir, comme Wilson Bentley recueillait les flocons sur un plateau noir à partir de 1885, et chacun pousse en direct sous vos yeux. Comme l’a montré Nakaya, le froid décide de la forme : plaques vers −2 °C, aiguilles vers −5 °C, étoiles vers −15 °C. Les six branches sont six voix en canon.

Enter the work entrer dans la pièce

The turning year makes places: first a forest where each species sings in its own band. L’année qui tourne fait les lieux : d’abord une forêt où chaque espèce chante dans sa bande.

Room VI Salle VI

Places Les lieux

Time makes places.

Le temps fait les lieux.

The turning year shapes places, and each place has its voice. Here the place is the instrument: the forest shares out its frequencies, the dune sings through its grains, the valley answers, the city swings.

L’année qui tourne façonne les lieux, et chaque lieu a sa voix. Ici le lieu est l’instrument : la forêt se partage les fréquences, la dune chante par ses grains, la vallée répond, la ville swingue.

The Dream

Le Rêve

a synthesised night chorus, shared out live

In a night forest each species calls in its own band of pitch — what Bernie Krause called the acoustic niche. Painted after Henri Rousseau, height here is pitch; when a new voice enters, its neighbours move to make room.

Dans une forêt la nuit, chaque espèce appelle dans sa propre bande de hauteur — ce que Bernie Krause a nommé la niche acoustique. Peinte d’après Henri Rousseau, l’image place chaque voix à sa hauteur ; quand une voix nouvelle entre, ses voisines se déplacent pour lui faire place.

Enter the work entrer dans la pièce

Out of the crowded forest, into the desert where the sand itself sings. De la forêt bruissante au désert, où c’est le sable lui-même qui chante.

The Singing Dunes

Les Dunes qui chantent

sand avalanches at the angle of repose; each voice tuned by grain size

Crescent dunes at the angle of repose. When a slip face grows too steep, the sand lets go and the dune sings; each voice is tuned by grain size, as in the booming dunes of the Sahara. A day turns in about seven minutes, from golden hour through night to dawn. Drag down a slope: your touch releases the sand.

Dunes en croissant, à l’angle de repos. Quand une face d’avalanche devient trop raide, le sable cède et la dune chante ; la taille du grain accorde chaque voix, comme au Sahara, où les dunes grondent. Un jour passe en sept minutes environ, de l’heure dorée à l’aube, à travers la nuit. Glissez sur une pente : votre geste libère le sable.

Enter the work entrer dans la pièce

The dune sings by itself; the valley waits for your call, and answers. La dune chante seule ; la vallée attend votre appel, et répond.

Echo

Écho

ray-marched valley, image-source echoes, synthesised horn and choir

A horn calls across a mountain lake; each ring of light is its sound, at 340 m/s, and each cliff that glints sends back an echo. The melody is composed live to agree with its own returning echoes: a canon with the valley.

Un cor appelle sur un lac de montagne ; chaque anneau de lumière est son son, à 340 m/s, et chaque falaise qui scintille renvoie un écho. La mélodie se compose en direct pour s'accorder à ses propres échos : un canon avec la vallée.

Enter the work entrer dans la pièce

The mountain answers in canon; the city answers in boogie-woogie. La montagne répond en canon ; la ville, en boogie-woogie.

Broadway at Night

Broadway, la nuit

cellular automaton, physically modelled piano and synthesised brushes

Mondrian’s Broadway Boogie Woogie (1942–43) becomes the city it was painted from. Its yellow lines are streets; every car obeys Rule 184, the simplest law of traffic, and strikes a note of boogie-woogie piano as it enters a lit crossing. At night the eye rises until the streets draw the painting in light. Tap a crossing to turn its light red.

Le Broadway Boogie Woogie de Mondrian (1942–1943) redevient la ville dont il est né. Ses lignes jaunes sont des rues ; chaque voiture suit la règle 184, la plus simple des lois de la circulation, et frappe une note de piano boogie-woogie en entrant dans un carrefour éclairé. La nuit venue, le regard s’élève jusqu’à ce que les rues dessinent elles-mêmes le tableau en lumière. Touchez un carrefour pour passer son feu au rouge.

Enter the work entrer dans la pièce

Above the city lights, look up: the sky itself is singing. Au-dessus des lumières de la ville, levez les yeux : le ciel lui-même chante.

Room VII Salle VII

The Heavens Les cieux

From every place, we look up.

De partout, on lève les yeux.

From every place, the same sky. The oldest idea of a music of the world: the sky as an instrument, its motions as a score.

De partout, le même ciel. La plus ancienne idée d’une musique du monde : le ciel comme instrument, ses mouvements comme partition.

Dawn Chorus

Le Chœur de l’aurore

field-line aurora, formant choir, lightning-induced precipitation

One northern night in twelve minutes: an arc at dusk, a substorm corona at the magnetic zenith, pulsating aurora at dawn. The choir sings the magnetosphere’s chorus, the radio waves that scatter electrons into the air; each voice is a light. Click the sky: far-off lightning sends its radio pulse along a field line; the curtain above it flares, and the choir answers.

Une nuit boréale en douze minutes : l’arc du crépuscule, la couronne du sous-orage au zénith magnétique, l’aurore pulsante de l’aube. Le chœur chante le « chorus », ces ondes radio de la magnétosphère qui font pleuvoir les électrons ; chaque voix est une lumière. Cliquez dans le ciel : un éclair lointain envoie son impulsion radio le long d’une ligne de champ ; la draperie qui le surplombe s’embrase, et le chœur répond.

Enter the work entrer dans la pièce

Beyond the aurora, the planets hold the notes that Kepler heard. Au-delà de l’aurore, les planètes tiennent les notes qu’entendait Kepler.

Concentus

L’Harmonie des sphères

Keplerian orbits, additive and modal synthesis

Kepler believed each planet sings a note set by its speed. Here every planet holds a voice that rises near its star and falls away from it, and the line joining two planets weaves their rosette. Drag a planet to retune its orbit: when two periods fall into a simple ratio, the figure closes and the interval rings pure.

Kepler pensait que chaque planète chante une note fixée par sa vitesse. Ici, chaque planète tient une voix qui monte près de son étoile et redescend en s’éloignant, et le trait qui relie deux planètes tisse leur rosace. Faites glisser une planète pour réaccorder son orbite : quand deux périodes tombent dans un rapport simple, la figure se referme et l’intervalle sonne juste.

Enter the work entrer dans la pièce

The planets circle a star, and the star itself is ringing. Les planètes tournent autour d’une étoile, et l’étoile elle-même résonne.

The Singing Star

L’Étoile qui chante

spherical-harmonic modes of a star, synthesised harp, voices and bells

In 1962 Leighton, Noyes and Simon found the Sun’s surface rising and falling every five minutes: sound, it proved, ringing inside the star. Here each note of a live score is one of a star’s modes, raised seventeen octaves into hearing and seen as it sounds: white-gold where the surface swells, pearl where it sinks, dark threads where it stands still.

En 1962, Leighton, Noyes et Simon voient la surface du Soleil monter et descendre toutes les cinq minutes : c’est, comprendra-t-on, du son qui résonne dans l’étoile. Ici, chaque note, jouée en direct, est l’un des modes d’une étoile, élevé de dix-sept octaves jusqu’à l’audible et vu tandis qu’il sonne : or blanc où la surface se soulève, nacre où elle se creuse, fils sombres où elle reste immobile.

Enter the work entrer dans la pièce

Stars sing for anyone; at 1420 MHz, we listen for someone. Les étoiles chantent pour tous ; à 1420 MHz, nous guettons quelqu’un.

Listening for Someone

À l’écoute de quelqu’un

live spectral synthesis, real-time waterfall

From 1999 to 2020, SETI@home lent the idle hours of more than five million volunteers’ computers to searching Arecibo telescope data near the hydrogen line, 1420.4 MHz. Here that band is a landscape of light that is also heard, with the hydrogen line, twenty-two octaves down, as the tonic. Above it the sky drifts through the telescope’s beam: the Milky Way swells the hydrogen, and pulsars beat as they pass. Once in each visit a signal like the Wow! of 1977 appears, and is answered with the 1,679 bits of the 1974 Arecibo message.

De 1999 à 2020, SETI@home a prêté les heures creuses des ordinateurs de plus de cinq millions de volontaires à la recherche, dans les données du radiotélescope d’Arecibo, d’un signal proche de la raie de l’hydrogène, 1420,4 MHz. Ici, cette bande est un paysage de lumière que l’on entend aussi, et la raie de l’hydrogène, vingt-deux octaves plus bas, en est la tonique. Au-dessus, le ciel dérive dans le faisceau du télescope : la Voie lactée fait enfler l’hydrogène, et les pulsars y battent en passant. Une fois par visite, un signal semblable au Wow! de 1977 apparaît ; on lui répond par les 1 679 bits du message d’Arecibo de 1974.

Enter the work entrer dans la pièce

The answer comes as light, through a rose window drawn with a compass. La réponse vient en lumière, par une rosace tracée au compas.

Room VIII Salle VIII

Missa Lucis

The sky opens onto light.

Le ciel s’ouvre sur la lumière.

The journey ends in a Mass of Light in seven movements. In each, a moment of the liturgy, a true mathematical structure and a sacred music are one idea.

Le parcours s’achève sur une messe de lumière en sept mouvements. Dans chacun, un moment de la liturgie, une vraie structure mathématique et une musique sacrée ne font qu’une seule idée.

The Rose of Consonances

La Rose des consonances

compass-and-straightedge geometry, synthesised choir, cello and bells

A Gothic rose is drawn with compass and straightedge while a choir sings the Kyrie. Each ring is a string: radii 1, 3/4, 2/3, 1/2 and 1/4 sing the unison, fourth, fifth, octave and double octave. Touch a pane and its ring sings.

Une rose gothique se trace au compas et à la règle pendant que le chœur chante le Kyrie. Chaque cercle est une corde : les rayons 1, 3/4, 2/3, 1/2 et 1/4 chantent l’unisson, la quarte, la quinte, l’octave et la double octave. Touchez un vitrail : son cercle chante.

Enter the work entrer dans la pièce

Mercy, then glory: the Easter bells ring every order of their notes. La pitié, puis la gloire : les cloches de Pâques sonnent tous les ordres de leurs notes.

The Bells Return

Le Retour des cloches

change ringing, modal bell synthesis, synthesised choir

The bells return at Easter. Eight bells ring true changes: only neighbours swap and no row repeats. Each strike is a bead on its bell’s gold thread, and the course closes into a rosette. Touch the crown: the choir sings “Gloria” and the bells take a new path that still comes home.

Les cloches reviennent à Pâques. Huit cloches sonnent des permutations justes : seules des voisines s’échangent, aucune rangée ne se répète. Chaque coup est une perle sur le fil d’or de sa cloche, et le cours se referme en rosace. Touchez la couronne : le chœur chante « Gloria » et les cloches prennent un nouveau chemin qui les ramène à l’ordre initial.

Enter the work entrer dans la pièce

The bells fall silent, and a cube from the fourth dimension unfolds into a cross. Les cloches se taisent, et un cube de la quatrième dimension se déplie en croix.

The Word Unfolded

Le Verbe déplié

four-dimensional geometry, synthesised double choir, cello and bells

The Credo’s “Et incarnatus est”, set as geometry. At dawn, above a bay, an alabaster hypercube turns in four dimensions; its eight cubes are the voices of a double choir. As in Dalí’s Corpus Hypercubus, it unfolds cube by cube into an upright cross that takes fire from within at sunrise, as the bells ring.

Le « Et incarnatus est » du Credo, mis en géométrie. À l’aube, au-dessus d’une baie, un hypercube d’albâtre tourne en quatre dimensions ; ses huit cubes sont les voix d’un double chœur. Comme dans le Corpus Hypercubus de Dalí, il se déplie cube après cube en une croix droite qui s’embrase de l’intérieur au lever du soleil, quand sonnent les cloches.

Enter the work entrer dans la pièce

From the unfolded cross a ladder rises, rung by rung: the harmonic series. De la croix dépliée monte une échelle, barreau après barreau : la série harmonique.

Heaven Open

Le Ciel ouvert

a harmonic-series choir in just intonation, synthesised live

Jacob’s ladder, which Christ applies to himself (John 1:51). Its rungs are the harmonics of one low note, ever closer, never ending; each light is a voice, and its height is its pitch.

L’échelle de Jacob, que le Christ s’applique à lui-même (Jean 1, 51). Ses barreaux sont les harmoniques d’une note grave, toujours plus serrés, sans fin ; chaque lumière est une voix, et sa hauteur est sa note.

Enter the work entrer dans la pièce

At the top of the ladder, light: a whole day through a cross in concrete. En haut de l’échelle, la lumière : une journée entière à travers une croix de béton.

Light of the World

La Lumière du monde

traced light, synthesised choir and cello

A cross is cut through a concrete wall, after Tadao Ando’s Church of the Light, and the sun crosses a whole day in six minutes. A cello, a wordless choir and a soprano follow the light; each candle you light on the floor adds a voice until the flame burns down.

Une croix est taillée dans un mur de béton, d’après l’église de la Lumière de Tadao Ando, et le soleil y parcourt une journée entière en six minutes. Un violoncelle, un chœur sans paroles et une soprano suivent la lumière ; chaque bougie allumée sur le sol ajoute une voix, jusqu’à ce que la flamme s’éteigne.

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The light fades with the candle; three rings hold only while all three remain. La lumière s’éteint avec la bougie ; trois anneaux ne tiennent que si tous trois restent.

Grant Us Peace

Donne-nous la paix

a three-voice round, synthesised live

Three rings, no two of them linked, hold together only as three: the Borromean rings, an old figure of the Trinity. Three voices sing a round on the Agnus Dei, and each chord needs all three. Touch a ring to silence its voice and watch the other two drift apart.

Trois anneaux, dont aucun n’est enlacé à un autre, ne tiennent ensemble qu’à trois : les anneaux borroméens, ancienne figure de la Trinité. Trois voix chantent un canon sur l’Agnus Dei, et chaque accord a besoin des trois. Touchez un anneau pour taire sa voix : les deux autres s’écartent.

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Three held as one; on the lake at dawn, every multiple of three comes home to 153. Trois ne font qu’un ; sur le lac à l’aube, tout multiple de trois revient à 153.

One Hundred and Fifty-Three

Cent cinquante-trois

net physics, synthesised chimes, choir and cello

A net cast on the right side fills with 153 fish (John 21). Each carries a multiple of three; adding the cubes of its digits always leads it to 153 = 1³ + 5³ + 3³, and it sings each number on the way until its melody ends on do–sol–mi. Touch the water to release a fish.

Un filet jeté du côté droit se remplit de 153 poissons (Jean 21). Chacun porte un multiple de trois ; la somme des cubes de ses chiffres le mène toujours à 153 = 1³ + 5³ + 3³, et il chante chaque nombre du chemin jusqu’à finir sur do–sol–mi. Touchez l’eau pour lâcher un poisson.

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Every path returns home: from the light, back to the first number. Tout chemin ramène au commencement : de la lumière, retour au premier nombre.